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Enfant prodige, pianiste virtuose, homme à femmes, libre penseur et maître sorcier des salles de concert de son époque : Franz Liszt fut un des personnages les plus haut en couleurs du XIXe siècle. A l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur, l’Autriche, et en particulier sa région natale, le Burgenland, célébreront cet événement par une foule de manifestations.
Sa naissance s’annonçait déjà comme un événement extraordinaire : une voyante prédisait à sa mère, Maria Anna Liszt la naissance d’un « grand fils » : on était à l’époque où tout le monde parlait de la « grande comète de 1811 » et la naissance du garçon le 22 octobre 1811 s’annonçait sous une bonne étoile. En effet, Franz, fils d’un intendant de la famille Esterhazy à Raiding, montrait très tôt un talent extraordinaire pour la musique. Très vite il passait pour un enfant prodige et son père, très bon musicien amateur, l’a d’abord éduqué puis l’a soutenu pour qu’il poursuive ses études de musique à Vienne. A onze ans, ses professeurs de piano et de composition furent Carl Cerny et Antonio Salieri. Le jeune Liszt conquit en peu de temps les salons, palais et salles de concert de toute l’Europe.
Par ses nombreuses tournées il devint un vrai Européen qui se sentait chez lui à Budapest, à Paris, Londres, Weimar, Bayreuth ou Rome. Il fréquenta les intellectuels et artistes de son temps, Frédéric Chopin, Hector Berlioz, Victor Hugo, Heinrich Heine et beaucoup d’autres, avec lesquels il échangeait intensément et soutenait financièrement quelques uns par sa grande générosité. Vers la fin de sa vie, une nouvelle période créative lui fit composer surtout des grandes œuvres religieuses. Son œuvre immense comprend quelque 800 morceaux, dont de nombreux inspirés par la musique folklorique hongroise qui enchantent encore aujourd’hui un large public.
Le terme « Lisztomania » n’est d’ailleurs pas une création récente. C’est Heinrich Heine qui parlait de « Lisztomanie » lors d’une célèbre tournée de concerts que Franz Liszt entreprit en 1841/1842 à Berlin. Ses apparitions sur scène étaient légendaires. En 1839 Liszt lui-même écrivit dans une lettre à la princesse Christina Belgiojoso à Paris « Le concert c’est moi ». Son jeu de scène était expressif, presque excentrique et son public, surtout féminin, l’adulait. L’histoire nous transmet des scènes d’hystérie collective. L’enthousiasme fut telle que le public préférait se tenir debout pour mieux capter son jeu et Liszt finissait par ne plus installer des chaises dans les salles de concert…Une véritable superstar de l’époque romantique était né !
En 2011, les deux organisateurs du Festival Franz Liszt à Raiding, son village natale, Johannes et Eduard Kutrowatz, présenteront un cycle en quatre actes de la musique du génial compositeur. Du 27 au 30 janvier, du 17 au 20 mars, du 12 au 26 juin et du 19 au 23 octobre, des concerts autour des thématiques « l‘oeuvre pour orchestre », « l’œuvre vocale », « l’œuvre pianistique » ainsi que des concerts commémoratifs et des créations contemporaines en rapport à la musique de Franz Liszt seront donnés. Toutes les manifestations se dérouleront dans la salle de concert flambant neuve à l’excellente acoustique qui jouxte la maison natale du compositeur.
Une série d’expositions organisées dans des lieux historiques tels que sa maison natale, l’église paroissiale Unterfrauenhaid, mais aussi le Musée et la Galerie du Land de Burgenland et la Maison Haydn à Eisenstadt développeront également des thématiques différentes. Ses années d’enfant prodige, son rapport à la religion et à la franc-maçonnerie et le phénomène de la « Lisztomanie » donneront lieu à de passionnantes découvertes. Une belle occasion de découvrir aussi la région du Burgenland, neuvième province d’Autriche frontalière avec la Hongrie, à seulement 50 km de Vienne ! www.lisztomania.at
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